Monique. Elle est grande et élancée. Elle court très vite, Monique. Heureusement pour elle. Car Monique la police. Elle déambule de manifestation en manifestation. Toujours les poings en poche et l’âme brandie, haute, fièrement. Monique on dit d’elle qu’elle l’a bien cherché. À prendre des coups, à courir des risques, à courir dans les rues, à prendre la fuite. Elle l’a bien cherché à s’appeler Monique. Elle a des quilles comme des échasses et elle parcourt la ville à grandes enjambées, elle est comme un compas qui nous garde le nord. Monique, elle a prié un jour de grève pour qu’on garde l’église au milieu du village. Monique, s’il y avait une révolution, elle serait sur le tableau. Monique est si grande qu’elle a la tête dans les nuages. Monique elle va aussi à la pêche, avec son fieul José, qui prend au canal ce que sa mère va bientôt préparer. Monique va au musée, au cinéma. Elle économise ce qu’elle ne dépense pas. Monique est banale. Monique est exquise. Elle pense pour ceux et celles qui ne pensent pas. Monique est une voisine du bout du bout de la rue, celle qui quitte la ville et s’en va dans les prés. Les prés où pousse l’herbe où nos rêves viennent brouter.
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