Franck a la peau blanche. Il n’aime pas qu’on vienne lui faire de l’ombre avec un sourire d’Afrique. Son arrière-grande-tante était partie aux Amériques. Elke y avait construit quelques gratte-ciels qui cachaient le soleil au regard des indigènes. Franck n’aime pas qu’on lui rappelle cette migration, ni qu’on souligne que sa maison, il la doit à son tonton, parti aux grands lacs faire fortune en faisant creuser les bas-fonds à ceux et celles qui étaient là bien avant. Franck est dans son jardin et profite du beau temps au bord de sa piscine. Mais voilà que passe une famille de toutes les couleurs qui lui gâche le paysage. Franck trouve qu’on est trop nombreux à profiter du système. On en est réduit à chasserchasser dit Franck. Chasser les étrangers, ceux et celles qui n’ont pas participé. Pas participé à la construction du jardin de Titom, ni à celle de sa maison, ni à celle de la nation. Ceux et celles qui sont arrivés hier.
Puis le soir, voilà que le jardin de Franck est en feu. Il faut fuir et Franck court chez son voisin. En franchissant la haie, une ronce agrippe son pantalon. Franck regarde avec effarement l’accroc dans la poche arrière d’un vêtement neuf. Quelle aventure. L’incendie est dû à la chaleur dit le voisin. C’est normal. Cest l’été. Franck pleure maintenant. Il regrette l’insouciance d’hier, quand la haine servait de passe-temps.

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