Fanfan fait Ouhouh! dans la rue. C’est très mal, dit Durdur. Faut pas faire ça, ça fait peur à Planplan, qui a mis ses pantoufles et regarde à la télé les affrontements filmés par sa chaîne préférée . Les frères Matraque et Tatraque traquent et matraquent Fanfan à grands coups de lacrymos. Les larmes de Fanfan n’émeuvent personne. C’est à cause de Galère, qui a cassé la vitrine du centre du monde. C’est dommage pour le propriétaire, qui n’a rien fait à personne, mais Galère en a marre. Gueuler ça ne sert à rien. Pleurer ça ne marche pas (demander à Fanfan). Alors on casse le jouet qu’on ne peut pas avoir, dit Galère. Rien n’est vraiment bien fait dans les relations à grande distance, si bien que quand on se rapproche, à portée de grenade, à la vitesse d’une charge, on n’a pas eu le temps de faire connaissance. On ne réalise pas que tous les mots du ciel ne sont là que pour rassurer Planplan et les autres votants.
Notre pouvoir est limité. Il est entre autre restreint par les intérêts de groupes de taille réduite mais très puissants. Il nous est néanmoins loisible de nous opposer. Ce droit est encore d’actualité à l’heure qu’il est. L’exercice de ce droit induit un dérangement car on ne peut pas s’opposer sans déranger, en restant dans son coin, en chuchotant. Ce dérangement ne peut pas justifier une réponse policière violente car cette violence serait une négation du droit à l’opposition. Mais alors, va-t-on devoir se parler ?
