Rions

C’est un lieu retiré, caché de la route par un bois dense, accroché à un sol pentu. Il y a une cascade, un vieux moulin adossé à un corps de ferme.
Là vit un groupe de personnes âgées qui comptent sur la solidarité établie entre elles pour adoucir les jours derniers. Comme les caisses de l’état sont vides, on a décidé de les abandonner, car prendre soin coûte cher. Elles sont étrangères, ou femmes, ou porteuses d’un handicap, ou artistes, ou blessées par tant de choses, ou un peu tout ça à la fois. Elles sont devenues spécialistes de la vie, qu’elles connaissent comme leur poche, comme un jardinier connaît son jardin par cœur quand celui-ci ne fait plus que quelques ares. Elles savent qu’il faut rire un peu chaque jour, rire entre les larmes d’émotion qui coulent sans prévenir. Aujourd’hui, c’est Colette qui pousse à la rigolade. « Mais, au fond, pourquoi pas une même pension pour tous et toutes ? Finalement, qu’est-ce qui justifie une différence entre telle ou telle catégorie de personnes quand approche l’inéluctable ? ». Tout le monde se marre. C’est si bon de rire.

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