Des gens penchés comme des roseaux,
Loin de leur étang natal.
Des soucieux sans racine,
Des gens comme des roseaux dans le vent à force d’être plié en deux, au fond du trou.
Des gens dans la tourmente des rêves de grisou.
Des gens qui ont grise mine.
Ces gens qui ont construit des montagnes avec les entrailles de la terre.
Et hiver, les enfants descendaient en luge les pistes d’un pays noir en riant.
Un pays alors au sommet.
Un pays qui n’a plus de veines.
Dans ce pays qui n’a plus de chance, on vient de temps en temps serrer une vieille main. La vieille main d’un vieux qui un jour fut un enfant. Un enfant au travail. On vient dire à quel point cet enfant fut une chance pour la nation, une richesse de la nation. On vient lui faire sa fête. La fête du travail de l’enfant. Ah, le temps béni des enfants qui travaillaient pour des adultes qui travaillaient pour ne pas devoir s’occuper des enfants.
