Un enfant faisait semblant d’être une cacahuète mais n’avait pas trouvé de bol. Il passait son temps à errer dans la campagne en roulant sur lui-même. Il apprenait la valeur du temps qui passe, et du temps qui reste aussi.
Cet enfant pleurait souvent, pour un non, ou pour un non. Il était devenu une cacahuète salée. Tu n’es qu’un apéritif lui disait son papa. Tu n’es qu’un snack lui disait sa maman. Tu es la dernière des cacahuètes disait sa sœur, celle dont personne ne veut pour ne pas paraître mal élevé.
Cet enfant riait parfois. Il devenait une cacahuète sucrée. Tu n’es qu’un amuse-gueule disait son père. Tu n’es qu’un oubli quand tout le monde se lève disait sa mère. Tu n’es qu’un détail dans la joie de se revoir disait sa sœur.
Un enfant qui se prenait pour une cacahuète savait qu’il y avait deux parties en lui. Une triste et l’autre joyeuse. Que ces deux parties se tenaient par la main, prenant soin l’une de l’autre.
