Titom a fait un rêve terrible. Aux éclairages publics pendaient des corps sans vie. Pendues aux corps sans vies, des cravates flottaient au vent. Pendues aux lèvres immobiles des suppliciés, une foule attendait les consignes qui ne venaient plus.
Des hommes qui nous dirigaient, les yeux avaient disparu, et certains disaient que les corbeaux les avaient becqueté, les yeux. On les appelait les visionnaires, et là, ils n’avaient plus d’yeux. Qui les avait mis dans pareille position ? Que devait-on faire, maintenant ? Et quelle était cette clameur ?
Au réveil, Titom s’étire. Quel cauchemar. Il n’aurait pas dû relire François Villon. Mais bon…. Courage. La journée va être longue. Longue comme une révolution. Il y a des choses à changer, de nouvelles habitudes à prendre. Déjà, se demander de quoi demain sera fait.
Titom n’a pas de jardin. La fraîcheur ça se paye depuis la nature privatisée. Alors il réfléchit à l’ombre des ses convictions.
Qu’est-ce qui rassure tant les Zélites ? Pourquoi semblent-ils croire que jamais il n’y aura de revirement ? Ou alors, contrairement ce que l’on croit, peut-être qu’ils passent leur temps à se demander quelle serait la goutte d’eau qui ferait déborder les gens.
