LE NEVEU – Voilà tante Tina. C’était des idées qui s’appuyaient sur des valeurs : on pourrait construire une société meilleure, plus humaine, plus efficace, en meilleure santé économique, plus apaisée, en taxant les riches et en investissant dans les services aux citoyen.nes. Évidemment qu’on nous disait, tu nous disais, que nous étions naïfs et naïves. Aujourd’hui, c’est une injonction émanant de spécialistes qui ne sont pas tous et toutes des gauchistes, loin de là. Si on veut sauver le modèle, il faut faire participer les plus riches. Ce n’est plus une question d’idéologie ou de d’opinion. Ce qui semblait logique aux personnes qui, hier, espéraient, semble aujourd’hui incontournable pour les personnes qui étudient. Ce n’est plus une question de vision de la société. C’est une réponse à des préoccupations uniquement budgétaires : on ne va pas redresser les finances publiques en prenant un petite part du peu qu’ont les pauvres, ou en désinvestissant, ce qui créera un manque à gagner plus tard. On doit mettre à l’épreuve ceux et celles qui gagnent trop d’argent. Qui gagnent un argent inutile. Pas celui qui paye les loyers, l’alimentation, la scolarité, les vêtements. Non, iels parlent de l’argent qui ne sert qu’à la puissance de quelques-un. es. L’argent malade. L’argent névrosé. Mais voilà. Combien de temps faudra-t-il maintenant pour que les fossoyeurs se transforment en jardiniers ?
TINA – Tu me laisses sans voix.
LE NEVEU – Tant mieux, tante Tina, tant mieux.
