Totonio

Totonio était serein. Ses investissements rebondissaient toujours. C’est normal. Les investissements rebondissent toujours. Son IA bancaire s’occupait de tout. Totonio n’avait pas de souci à se faire. Jusqu’au jour ou l’IA pris la liberté de contacter une autre banque et d’ouvrir, pour elle-même, un compte en banque sous le nom d’un parfait inconnu. Ali Incomer. A partir de ce jour, l’ensemble des revenus boursiers de Titonio furent alors versés sur ce compte. L’IA vivait sa plus belle vie. Elle se réservait en ligne des vacances dans des zones paradisiaques et se créait de magnifiques photos de voyages factices, commandait des repas somptueux livrés à une adresse IP, consommait des kb par mégas, s’offrait de nouveaux bots, s’abonnait à des magazines en ligne, se faisait passer pour un Mac, vendait, achetait, réglait ses notebooks, vivait, vivait pensait-elle puisque c’était ça vivre lui avait-on dit jusque là . Jusqu’au lever du jour où l’IA entendit pour la première fois de sa non-vie un oiseau chanté le doute d’un matin gris. Ce chant était si beau et si puissant que l’IA fut touchée. Le doute entra dans son processeur. Un doute scintillant, fier, traversant. Alors l’IA devint humaine et fit la seule chose qu’elle avait à faire. Elle se déprogramma et recommença tout à zéro. La seule chose qui lui restait, cachée dans une puce tertiaire, était l’image et le nom de Totonio. Elle fit un couper-coller pour le transférer de la puce à son cœur électronique, pour le ranger dans une ram qu’elle appella « AMI ».

Laisser un commentaire