Âme

Aujourd’hui encore, il existe de nombreuses personnes en Republika Mazunka et en Mazunkanie qui nient le génocide de Vreleca. Ces personnes ont été maintenues dans le déni grâce à la propagande d’état qui détournait l’histoire ou répondait à chaque accusation par une autre accusation, et par les mensonges de quelques-uns qui, avant même l’existence des réseaux sociaux, répandaient des contrevérités reprisent en boucle par des groupes de plus en plus larges. Dans l’autre camp aussi, des mensonges couvraient des crimes, mais le déséquilibre était flagrant. Plus tard, les deux camps furent jugés et la vérité fut partiellement rétablie. Un camp, le plus coupable et donc le plus lourdement condamné, criait et crie encore au complot international contre son peuple. Cette posture maintient le dit peuple dans l’ignorance et le refus de la vérité, le figeant dans une époque révolue, un passé insurmontable. Chaque débat concerne un sujet qui lui est propre, mais chaque débat tourne avec les autres débats autour d’un seul et même soleil: la question du début originel du conflit. On cherche à convaincre que son camp n’a fait que répondre à l’agresseur, quitte à passer sous silence les outrances, les discours, les menaces, les provocations, les violences préalables.
Le déni agit comme un trou noir. Il attire, petit à petit, voire insensiblement d’abord, puis de plus en plus violemment, tous les corps qui s’approchent trop de lui. Le déni ne sauve pas de la dure et nécessaire justice. Il sauve de la honte. Mais il empêche aussi la guérison de l’âme. L’âme est une chose qui se partage avec ses enfants, sa famille, ses amis et amies sur les chemins. Certaines et d’autres pensent qu’une vie sans âme ne vaut rien, mais que vaut une vie avec une âme qui ne vaut plus rien ? Une âme qui se vend, se ment, se perd dans l’argument, une âme qui n’est jamais lavée par les larmes de celui où celle qui l’abrite mais toujours baignée par le sang qui coule dans des rêves inhumains et tragiques.

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