Yuka

Roumi s’est scanné avec Yuka. 3/100. Médiocre. Nous ne l’enterrerons pas trop près du potager qui, par la force des choses, est bio. On n’a pas l’argent pour les engrais. On fait pousser les haricots sur l’arbre dont on ne connaît que le nom, les choux sous les tomates, le maïs au milieu du tout. C’est un désordre absolu mais tout va. Au dehors c’est le temps des méchants et des méchancetés. Ici, c’est différent mais dehors, oui, c’est le temps des méchants et des méchancetés. Le journal publie un article dans lequel est proclamée dans la joie la mort de l’empathie, de la tolérance, de la justice. Nous voudrions aujourd’hui vivre dans un monde égoïste, intolérant, injuste ? Non. Nous voulons être nous-mêmes égoïstes, intolérants et injustes, sans pour autant accepter que les autres le soient à notre égard. Pourtant, on ne peut avoir l’un sans l’autre, car, maintenant. qui va-t-on pouvoir mépriser qui ferait preuve en retour de tolérance ? Qui va-t-on pouvoir dominer qui n’essayera pas de nous dominer ? Sommes-nous si puissants que nous n’avons rien à craindre ? Et pire. Qui va-t-on pouvoir adorer qui nous aimera en retour ? Les puissants dont nous collons les portraits sur nos cœurs nous méprisent. Alors ? Dans ce cas, tout ce qui nous resterait, ce serait l’illusion du bonheur. Au dehors c’est le temps des méchants et des méchancetés. Ici, c’est nous. On a de l’amour qui pousse en serre. On ne le dit pas parce que ça énerve les gens. On garde ça pour nous.

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