« Que la force soit prioritairement avec ceux et celles qui en manquent. »
Le tag, apposé sur le mur de la grande mairie, était insupportable pour le grand chambellan. Il résumait à lui tout seul tout ce contre quoi le monarque s’était toujours battu. Il ordonna qu’on l’efface. Mais les ouvriers, mal nourris par des cuisinières mal fournies, n’arrivaient pas à faire disparaître la phrase odieuse. Ils étaient trop faibles et la peinture utilisée par quelque voyou semblait s’accrocher au mur avec l’énergie du désespoir. Le slogan resta donc là. Et depuis, tous les jours, les citoyens et les citoyennes de la petite ville passent devant le « mur de la honte du grand chambellan ». Celui-ci ne s’est jamais résolu à augmenter la ration des ouvriers pour leur donner des forces, préférant se plaindre de la paresse des petites gens.
