Les parasites

Prenons un exemple. Un groupe de personnes, ici les conducteurs et conductrices de voitures de société, serait essentialisé. Iels seraient représenté. es comme un groupe homogène, aux comportements et antécédents identiques. On donnerait à ce groupe de personnes un nom qui serait le reflet d’une supposée qualité commune. Par exemple, vu qu’iels coûtent 3 à 6 milliards d’euros par an à l’état, donc à la collectivité, on déciderait de les appeler les parasites. Ah non, c’est déjà pris. Les voleurs et les voleuses alors. Que diraient ces personnes ? Et si ce terme était utilisé à tout va les concernant pendant des dizaines d’années jusqu’à entrer dans le langage courant, la pensée générale. Les conducteurs et conductrices de voitires de sociétés sont des voleurs et des voleuses. Créant alors de toute pièce un schéma qui va mener à des sentiments agressifs à leur égard. Un rejet de la part des autres citoyens et citoyennes. Les personnes qui sont au chômage pourraient aussi légitimement trouver cette rengaine du « Win for Life »/assistanat vraiment méprisante. D’abord parce que l’écrasante majorité des chômeurs et chômeuses le sont depuis quelques années, voire même un an. Ensuite, parce que la plupart des gens qui sont au chômage ont envie d’en sortir. Ce n’est pas chouette le chômage. Faire croire aujourd’hui que les chômeurs et chômeuses sont des personnes qui profitent, c’est un mensonge qui a de dangereuses conséquences. Cela augmente fortement l’agressivité et le mépris qui s’expriment déjà régulièrement contre ces personnes. Les politicien.nes regrettent à raison les amalgames qui accompagnent chaque révélation de fraude dans le chef de certains membres du personnel politique. Mais alors pourquoi véhiculer soi-même des tels propos à l’encontre d’autres groupes ? C’est terriblement décevant et décourageant, je trouve.

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