La digue

Tu as dans la main une petit tas de sable. Tu ouvres les doigts et une partie de ce tas de sable tombe, et s’envole, et très vite, disparait. Est-ce que les grains de sable qui restent dans ta main ont plus de place ? Non. Ils étaient dans une main, ils sont maintenant sur un doigt. Certains sur le majeur, d’autres sur l’index. Et ils sont aussi maintenant tous proches du vide. Ceux qui ont disparu, on n’en entend plus parlé. On ne sait pas où ils sont. Tombés sur la plage ? Perdus sur la digue ? Portés par le vent jusque dans l’oeil d’un touriste de passage ? On ne sait pas et finalement, maintenant, on a peur. Peur de tomber à son tour.
On n’exerce peut-être jamais la violence sans en ressentir un moment le souffle.

Tiercé-Gagnant III fut très étonné de la hargne que ses gueux mettaient à survivre. Et ses bourgeois s’en plaignaient. Il fallait bien faire quelque chose. Mais voilà, les gueux, on ne savait plus très bien où ils étaient. Tombés sur la plage ? Perdus sur la digue ? Portés par le vent jusque dans l’oeil d’un touriste de passage ?

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