La gamine d’en face en a bientôt fini avec les vacances, mais elle fait semblant de rien. Elle continue à user l’été devant la porte de l’immeuble. Les miennes de vacances vont commencer. Je vais devoir me détacher. Et Léon, que va-t-il bien pouvoir penser de tout ça ? La semaine passée, je lui ai dit, « Bonhomme, tu vas aller à l’école dans quelques jours ». Pas de réaction à la surface de Léon. J’ai été plusieurs fois jusqu’à l’école avec lui. Je connais déjà bien le chemin, et il a reconnu quelque chose ce matin. Je ne sais quoi, qu’il a montré du doigt. Demain j’essaierai de repérer la chose. Je suis curieuse de ce qui a attiré son attention. J’espère pouvoir partager sa curiosité.
Ne le prends pas mal, mais parfois Léon, je sens que tu deviens lourd. Et que je suis seule pour te porter. Demain, en repartant de l’école, je sais que ressentirai ce mélange de désespoir et du temps infini devant moi. Peut-être que je vais me remettre à boire du café. Juste pour qu’un café dure bien plus qu’un café. Et quand 15 heures viendra, j’irai le serrer et l’écouter comme jamais je ne l’ai serré ou écouté.
