2031/Capitaine André

J’ai une admiration sans limite pour le courage des petits courants d’air frais qui viennent se faufiler jusqu’à nous dans cette atmosphère sulfurante. J’en profite alors pour une brève inspiration. Puis c’est reparti pour un long soupir. J’aurais dû suivre les conseils de mon généraliste et pratiquer l’apnée car il est difficile de surnager sous ce ciel plombé. Heureusement ma bouée est fidèle au poste. Ma bonne vieille bouée, gonflée du souffle précieux d’une âme amie. Je flotte d’amour au milieu de la tempête. Courage, une île viendra. Je pourrai alors m’allonger sur la plage et m’exposer en faisant sécher mon maillot rayé à une branche, tel un étendard signalant ma présence. Seul, je n’ai jamais été pudique, et j’ai besoin d’un drapeau. J’attendrai. J’attendrai la révolution, qui viendra par la mer. Et il faudra se montrer patient. Le changement viendra cette fois-ci d’une île déserte.

Laisser un commentaire