Pour les vacances, 15 jours en forêt. Mais pas en Amazonie, chez nous. Non, j’étais dans la forêt belge. C’est très, très différent. En 15 jours je n’ai rencontré personne. Je n’ai parlé à personne. C’était ça le plus dur. Pas les renards, pas les hérissons, pas les pommes de pin sous le pied nu, ni même la chiasse après les champignons. Non, le plus dur c’était la solitude. Ça m’a surpris.
Un jour, j’ai vu de l’autre côté d’une route les herbes s’écarter, et un homme apparaître. Il était petit, il avait le corps et le visage couvert de vêtements, la peau claire. Il tenait dans sa main droite une malette. Moi j’étais nu évidemment. Et
j’avais sur le dos un carquois, et dans le carquois, quelques flèches. Dans la main mon arc. Je l’ai regardé intensément et il m’a rendu ce regard. Nous nous sommes observés pendant un temps très long et ce n’est qu’à l’arrivée du bus qu’il est parti. Le bus s’est arrêté et l’a caché à ma vue un moment. Quand le bus est reparti, l’homme avait disparu. Doucement, en ne faisant pas de bruit.
