2032/Elon

Nous la fuyons et elle nous apparaît si belle. Nous la voyons comme elle est, brillante et bleue. La navette s’en éloigne et pourtant nous la regardons fixement. Oui, nous avons rêvé et puis construit ce vaisseau spatial pour rejoindre Mars. Mais le fait d’avoir été poussés à l’intérieur par une foule en colère nous a quelque peu refroidi. Une foule qui a lancé la mise à feu sans nous demander notre avis et en fêtant notre départ, tout cela nous laisse un goût amer. Nous ne cracherions pas sur un retour momentané, quelques semaines de réflexion supplémentaires, mais le programme est formel, c’est impossible. Elon pleure. Nous allons sans doute le jeter à l’extérieur de la navette. Ses sanglots nous tape sur le système. Il va mourir rapidement, asphyxié, dans l’infini de l’univers. Avec l’absence d’oxygène, son corps ne se décomposera pas. Il va hanter l’espace à jamais et l’idée de le recroiser plus tard lors d’une mission future, cela ne nous réjouit pas. Mais nous n’avons pas choix. Il n’a pas les nerfs assez solides pour nous accompagner jusqu’à la planète rouge. Et seuls les meilleurs survivent.

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