2071/Elsa

Elle en avait ras le QR-code. Elle savait qu’elle n’avait qu’une seule chance. Elle sauta au-dessus de la petite barrière et ce mouvement déclencha l’alarme. Elle fila. On ne l’appelait pas « gazelle » pour rien. Les trois lourdauds, vraiment, sortirent de leur cabanon pour la poursuivre, mais comment rattraper quelqu’un qui a déjà disparu ? Elle était sûrement déjà entrée dans une autre dimension et les gardes de sécurité n’avaient bien sûr pas le droit de changer de parallèle. Tout le monde devait rester dans ce qui était ce monde-ci, même si plus rien n’y fonctionnait. « Mieux vaut savoir pourquoi ta vie est un enfer que de ne pas savoir où tu vas ». Le slogan, affiché sur la guérite, était sensé arrêter les tentatives de sauts dans l’inconnu. Les trois vigiles retournèrent à leur poste. Avec un peu de chance, le superviseur était endormi et personne n’entendrait parler de ce passage clandestin. Ce monde se vidait de plus en plus rapidement, mais eux resteraient quoi qu’il arrive. En tant que fonctionnaires, il n’y avait pas encore assez de désavantages à rester pour se décider à partir. Le dernier des trois gardiens, avant d’entrer dans le poste de garde, se retourna. Il regarda les différentes portes liquides qui menaient dans l’ailleurs. Comment avait-elle pu choisir si vite sans savoir ce qu’il y a là derrière ? Avait-elle fait ça au hasard ? Comment était-ce possible de prendre un tel risque ? Il retourna se mettre à l’abri auprès de ses collègues. 32 jours déjà avec ces deux-là, dans ce petit cabanon. Dans 7 jours, il pourrait enfin rentrer chez lui pour quelques heures avant de reprendre le service.

Elle, elle riait peut-être maintenant.

Laisser un commentaire